Une vie- Simone Veil

17/06/1974. SIMONE VEIL, MINISTRE DE LA SANTE       NB 60516

 

L’on connait tous Simone Veil, de près ou de loin. Elle évoque pour beaucoup le combat pour la contraception et la dépénalisation de l’avortement. Peu après sa disparition en juin 2017 son autobiographie, parue initialement dix ans plus tôt, a refait surface dans toutes les librairies. Aujourd’hui, je me dis que c’est un livre dont l’on devrait rendre la lecture obligatoire à l’école.

Une enfance douce mais une adolescence puis une vie marquées par un seul mot, qui tombe comme un couperet pour Simone et sa famille en 1944, violemment et presque par hasard au détour des rues de Nice: Shoah. S’ensuivent la déportation, la séparation avec son père et son frère et son arrivée au camp d’Auschwitz- Birkenau, où un conseil murmuré lui sauve la vie: « Surtout, dis bien que tu as dix-huit ans« .

L’incroyable réalisme avec lequel Simone Veil décrit son expérience, ses mots simples, clairs et violents, sa mémoire implacable de ces années vécues comme un cauchemar font de ces premiers chapitres sur la Shoah l’un des témoignages les plus poignants sur ce sujet.

Ce que Simone Veil raconte aussi, et qui est rarement abordé dans la littérature sur la déportation, c’est le retour des camps. Le déni des autres, leur incompréhension, leur volonté d’oublier ce qui a pu arriver aux « déportés », la solitude et l’irréalité vécues par  ceux qui reviennent, les difficultés de leur réinsertion.

L’on comprend alors que la vie de Simone Veil sera irriguée, plus ou moins consciemment, par ces années vécues dans l’enfer, la maladie et l’odeur de la mort.

La volonté de faire des études et de concilier vie de famille et carrière au plus haut niveau témoigne de cette force de caractère. Contre l’avis de son mari et à rebours de la société conservatrice de l’après-guerre, Simone Veil termine en effet ses études de droit, fait 3 enfants puis s’inscrit sans transition au concours du barreau de Paris avant de devenir magistrat.

Après des années dans l’administration pénitentiaire Simone Veil entre au gouvernement en 1974 en tant que Ministre de la Santé. Sa préparation puis sa défense sans faille du texte de loi historique légalisant et encadrant l’avortement sont décrits ici avec une précision et une humilité impressionnantes.

Du parlement européen au Conseil Constitutionnel, en passant par son engagement pour la mémoire de la Shoah et des Justes, Simone Veil a traversé son époque et participé aux grandes mutations historiques, sociales et politiques du XXème siècle.

Une autobiographie à lire, relire et à faire lire.

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