Un long chemin vers la liberté

 

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C’est malheureusement souvent à l’occasion de leur mort que nous découvrons ou redécouvrons les grands Hommes de notre Histoire contemporaine.

J’avais étudié l’apartheid au lycée, sous l’angle de la littérature engagée ayant conduit à la fin non-violente de ce régime pourtant ultra-violent (vive les TPE).

J’avais bien sûr à cette occasion croisé la figure de Nelson Mandela, mais je n’avais pas eu l’occasion de creuser plus en profondeur l’histoire de cet homme au vécu exceptionnel. Son autobiographie, achetée dans la foulée de sa mort en 2013, traînait donc dans ma pile à lire depuis un moment lorsque je me suis enfin décidée à l’ouvrir. Et il m’a fallu du temps, beaucoup de temps, pour venir à bout des 755 pages (format poche) de ce livre que je qualifierais plutôt de  document historique.

Nelson Rolihlahla Mandela commence en effet son histoire du tout, tout début, pour la finir par sa sortie de prison en 1990. Son enfance dans la campagne du Transkei, son éducation dans des institutions chrétiennes, son départ pour Johannesburg où il exerce avec les plus grandes difficultés la profession d’avocat, son engagement politique, son entrée dans la clandestinité, l’enfermement, la prison, l’éloignement d’avec ses proches, sa libération après 27 années de geôle…Nelson Mandela n’omet aucun sujet, même si l’on note l’extrême pudeur avec laquelle il aborde sa vie personnelle. Et tant mieux, car c’est moins ses déboires sentimentaux que ses accomplissements qui nous intéressent ici. Divisé en chapitres qui sont autant d’étapes de sa vie, le livre peut se lire exactement comme un document historique ou scientifique, en n’en lisant que certaines parties.

La rédaction est très linéaire et détaillée, certains passages sont pointus et peu compréhensibles au lecteur lambda, même si Nelson Mandela a fait un travail incroyable d’explication du paysage politique sud-africain de l’époque.

La lecture est donc ardue (je me suis arrêtée pendant 2 mois avant de reprendre le livre), Nelson Mandela ne possédant pas la plume d’un Stefan Sweig. C’est néanmoins un document historique incontournable pour qui s’intéresse un tant-soi-peu à l’histoire du XXème siècle, et un témoignage absolument unique sur l’apartheid.

Au-delà de  la considération purement historique, l’on ne peut qu’être admiratif devant le courage, l’endurance, l’humilité et la volonté d’acier d’un homme qui a consacré sa vie à son pays, au continent africain et aux valeurs d’Humanité en lesquelles il croyait.

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