Syngué Sabour, pierre de patience

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Prix Goncourt 2008, adapté au cinéma quelques temps après sa parution (le film est un copié-collé du livre et n’apporte selon moi rien de plus à l’oeuvre), ce court roman de 138 pages a beaucoup été commenté et critiqué, d’aucuns y voyant une peinture des conditions de la femme orientale.

Quelque part dans un pays en guerre, dans un temps non daté. Une femme veille son mari milicien plongé dans le coma par une balle dans la nuque. Seule, délaissée par la famille de son mari et ayant mis ses deux enfants à l’abri, elle se livre en un long monologue à son époux, inconnu lors de son mariage, absent durant de longues années et refusant toute communication avec elle du temps de leur vie commune. Ce corps allongé, refusant de se réveiller et s’obstinant à rester inerte comme une pierre va devenir pour la jeune femme sa syngué sabour, sa pierre de patience, qui emmagasinera ses maux jusqu’à l’explosion…

Atiq Rahimi livre un récit brut, dépouillé, dans lequel tout est dit simplement, quitte à choquer. J’aime ce style et il colle parfaitement au sujet qui est, selon moi, plus qu’un poncif sur la condition de la femme orientale, un symbole de la condition féminine, de manière plus large. Le récit en devient ainsi beaucoup plus percutant, et à la limite le livre mérite une deuxième lecture pour l’aborder sous cet angle.

L’unité de lieu et de temps et les quelques personnages qui ne font que passer dans le récit me font dire que le roman aurait gagné à être adapté au théâtre plutôt qu’au cinéma.  Je ne suis pas arrivée à comprendre l’intérêt de la retranscription cinématographique, même si les subtilités du texte y sont plutôt bien rendues.

Pour terminer c’est un livre que je recommanderais, il se lit vite et il est assez prenant. Il faut par contre aimer le style d’écriture de Rahimi, assez sec et dépouillé, et aimer aborder ce type de texte. Le sujet est universel, froid et nu comme le sujet. Il fait plonger dans une réflexion aussi profonde que l’ampleur de la question abordée.

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